Hyperthermie, coup de chaleur d’effort, déshydratation

Soyez vigilant si vous vous entrainez en ambiance chaude et buvez.

En dehors d’une alimentation normale, l’eau est le seul apport réellement indispensable à la force musculaire.

L’homme est un homéotherme. Il doit stabiliser sa température interne à 37 °C en dépit des variations de la température extérieure. La régulation se réalise par la thermogénèse (production de chaleur) et la thermolyse (perte de chaleur)

Elle s’effectue via un tampon thermique : la température cutanée pouvant varier de 28°C à 36°C.

En ambiance chaude, cette enveloppe est en capacité d’absorber la chaleur sans que la température interne s’élève.
Mais quand le système tampon ne parvient plus à jouer son rôle, la température interne finit par monter dangereusement et d’autant plus vite que s’installe la déshydratation.

Ce phénomène est amplifié par le dysfonctionnement du système nerveux central qui se manifeste parfois en ambiance chaude et à l’effort. En effet, l’hypothalamus antérieur, centre régulateur de la température devient défaillant. Le point de consigne de la température centrale a tendance à dériver anormalement à la hausse. Ce qui signifie que les mécanismes de refroidissement tardent à se mettre en route.

De plus, il faut tenir compte des conditions aggravantes de surchauffe qui sont multiples : obésité, absence d’acclimatation, défaut d’entraînement, fatigue ,stress, excès de motivation, alcool, certains produits dopants.

Dans un premier temps le maintien de la performance diminue de l’ordre de 40% pour une perte de 3% de poids corporel en eau.

Au-delà d’un certain seuil, une déshydratation sévère devient imminente et se manifeste d’abord par des sensations d’inconfort puis par des conséquences plus graves :

Exemples :

  • Sueurs profuses et le marquage de plis cutanés
  • Masses musculaires douloureuses, tendues hypertoniques
  • Hypotension, tachycardie (accélération du rythme cardiaque)
  • Vomissements et diarrhées
  • Hyperthermie (de 38,5°C jusqu’à 40°C = signe pouvant être précurseur du coup de chaleur d’exercice )
  • Œdèmes musculaires et une rhabdomyolyse (destruction musculaire diagnostiquée par des urines rares couleurs huile de vidange)
  • Perte de connaissance, coma, voire décès…

Prévention :

A l’entrainement, en ambiance chaude (mais également froide), on peut agir sur, ou au moins prendre en compte, les facteurs modifiant le bilan thermique.

Le bilan thermique résulte de l’ensemble des échanges de chaleur que subit l’organisme par :

  • conduction avec un corps solide (selon la surface de contact, la différence de température)
  • convection avec un fluide liquide ou gazeux (selon par exemple la température de l’air et son débit)
  • le rayonnement infrarouge avec un objet dans le sens du chaud vers le froid
  • l’évaporation par la perte de vapeur d’eau (respiration, et surtout sudation)

La sudation est le meilleur dispositif de refroidissement. Un litre de sueur évaporé produit une perte de chaleur de l’ordre de 580 kcals.

Mais ce mécanisme est efficace si :

  • le stock d’eau est reconstitué en permanence (il faut donc boire suffisamment avant, pendant ,et après l’entrainement),
  • l’hygrométrie est inférieure à 75% (au dessus l’air est trop humide)
  • rien n’entrave l’évaporation (attention à ne pas porter de vêtements étanches)

Il faut savoir s’arrêter avant d’avoir trop chaud, avant de risquer un coup de chaleur d’effort

Lorsque l’hyperthermie excède un certain seuil, l’élévation extrême de température conduit au coup de chaleur d’effort. Ce phénomène a été bien étudié par l’armée française notamment pour développer des mesures de prévention et des tenues de combat adaptés en milieu tropical.