Préparation des membres inférieurs du basketteur

Le basketteur a besoin de jambes et de cuisses explosives. L’explosivité dépend de la puissance musculaire. Celle-ci varie approximativement selon le modèle d’Edgerton (1976).

La préparation physique spécifique des membres inférieurs au basket est indispensable pour la performance et la sécurité du genou.
La course d’un basketteur est faite d’irrégularités sous la forme de sauts, d’arrêts nets, de changements violents de direction sur un parquet ou un sol dur.

D’après la bibliographie, ces mouvements brutaux et en pivot génèrent de fortes contraintes notamment en flexion-valgus-rotation externe du genou (valgus = angle ouvert en dehors formé par le cuisse et la jambe au niveau du genou). Les limites physiologiques des 2 articulations du genou peuvent alors être dépassées. le risque d’accidents atteint un maximum.

Concernant la traumatologie une étude sur plus de 200 basketteurs a été menée, entre 1995 et 1997, par le Docteur J. Huguet (Président du conseil médical de la Fiba, Membre de la commission médicale de la FFBB) et Mr J. Bégué (Statisticien).

Il s’est avéré que 2/3 des traumatismes impactaient les membres inférieurs et touchaient principalement la cheville.

Si celle-ci était blessée plus fréquemment, elle l’était moins gravement que le genou. Le genou lésé nécessitait davantage d’interventions chirurgicales (ménisques, rupture des ligaments croisés, rupture de la patte d’oie, chondrite, rupture du tendon quadriceps, luxation fémoro-patellaire = fémur-rotule)

De ces quelques lignes, on en déduit déjà quelques déterminants des premières séances.

Il s’agit d’améliorer les qualités physiques qui contribuent à l’agilité et à la puissance d’extension des membres inférieurs mais aussi et surtout à la prévention des accidents du genou.

“Un ligament croisé qui casse et ce sont parfois des années d’entrainement qui partent en fumée”

Objectif : Accroitre la puissance des membres inférieurs et la transmettre à l’ensemble du corps grâce à un genou sain et stable, sachant que l’explosivité :

  • est la « capacité de l’athlète à faire varier brusquement sa propre quantité de mouvement ou celle d’un engin sur lequel il agit…» (Miller et Quièvre, 1997).
  • dépend de la puissance musculaire. Celle-ci varie selon le modèle d’Edgerton (1976 – voir image en début d’article).
  •  est maximale, comme il est généralement admis, selon un compromis Force / Vitesse tel que Puissance max = 50% (Force max) * 30% (Vitesse max).

Cette puissance de propulsion doit être communiquée à l’ensemble du corps sans agresser le genou. Celui-ci doit pouvoir assurer en permanence l’équilibre mobilité / stabilité de ses deux articulations (fémoro-patellaire et fémoro-tibiale) soumises à rude épreuve.

La conception d’une préparation physique basée sur un régime de travail musculaire en pliométrie (enchainement dans un temps bref de contraction excentrique et concentrique) et selon un programme (charges / répétitions / séries) semble déjà très insuffisante.

Pour diminuer les pertes de puissance et gérer les contraintes mécaniques, il faut aller plus loin et travailler :

  • Le sens articulaire proprioceptif du genou (« intelligence motrice et de l’équilibre»)
  • L’extensibilité du quadriceps, pour faciliter le glissement de la rotule dans le rail trochléen (surface articulaire du fémur en rapport avec la rotule). La rotule accroit de 50 % l’efficacité du bras de levier du quadriceps…Autrement dit, sans rotule, un quadriceps serait deux fois plus faible !
  • La stabilisation active des mouvements de flexion-valgus-rotation externe par une tonification des muscles de la patte d’oie, du demi-membraneux, du vaste interne et du poplité)
  • La prono-supination du pied (très sollicitée en basket) transformée en mouvement de rotation externe-interne du tibia (système de cardan selon l’axe de Henké)
  • etc…

Au-delà de la puissance générée et régulée par les membres inférieurs, la composante vitesse d’exécution du geste dépend également la perception du jeu.

Le basket est un sport collectif et il est essentiel de développer les aptitudes à ce niveau. Le joueur doit être capable de détecter, de traiter très brièvement des signaux de son environnement et d’agir le plus rapidement possible. En écourtant le temps d’analyse, les schémas gestuels notamment des membres inférieurs pourront s’enchainer avec davantage de vélocité.

En préparation physique, la puissance explosive des membres inférieurs devra également être déclenchée à partir de signaux auditifs, visuels etc…