Entraîner l’efficience motrice, pour la santé et la performance

La force, la vitesse, la puissance, l’adresse, la souplesse, l’équilibre, la résistance à la fatigue, l’économie des ressources énergétiques et « nerveuses », le rapport mouvements / posture, l’aptitude à réaliser un geste technique codifié etc…sont autant de paramètres du geste sportif.

Ils sont tous interdépendants et concourent à la qualité et à la performance dans l’exécution du mouvement. Ils sont très largement sous-tendus par la motricité, sous le contrôle du système nerveux central. Celui-ci orchestre et régule au mieux les solutions à la fois sur les plans mécanique, physiologique, sensoriel, moteur, psychologique et cognitif.

Par exemple sur le plan postural, le système nerveux agit comme un servomécanisme qui corrige sans cesse l’assiette du corps.

Ce contrôle « cybernétique » (science de la régulation et du contrôle) est tributaire de la spécificité de l’activité mais également du potentiel du pratiquant. Ce dernier est fonction de la morphologie, la génétique, la maturité technique, la condition physique et du niveau d’expertise dans l’activité.

Bref, il faut tenter d’évaluer le sportif dans sa globalité (approche holistique de l’homme) surtout en ce qui concerne sa capacité à contrôler du geste

Veiller à la qualité d’exécution du geste :

Entrainer un paramètre du geste sportif, une qualité physique se fait toujours en estimant son impact sur la « dérive » du geste de référence (à vide et/ou dans les meilleures conditions).

Il s’agit d’estimer les effets des contraintes (charges, rythmes, fatigue, conformation du matériel, aménagement de situations pédagogiques…) sur la cinématique, la dynamique et la précision du geste… et ceci dans le temps et l’espace.

  • La vigilance sur la qualité d’exécution (efficience et efficacité) favorise
  • le maintien des capacités physiques le plus longtemps possible
  • le rendement de l’effort en tirant le profit maximum des ressources disponibles
  • la prévention des microtraumatismes en ajustant le mouvement dans les limites physiologiques
  • l’identification des signaux précurseurs du surmenage et de l’accident.
  • la puissance : aptitude à produire une force maximale à une vitesse élevée

Travailler en mode qualitatif plutôt qu’en quantitatif :

Il s’agit de porter l’attention sur les sensations (aisance respiratoire, réveil d’une douleur, forme ou de fatigue, tensions et raideurs selon les amplitudes de mouvements, équilibre, soif…).

Cela permet de prendre en compte les rétroactions du corps provoquées par les mouvements et l’effort. Il ne s’agit pas de se préoccuper de la réalisation de séquences gestuelles selon un programme.

La priorité est donnée à l’intelligence perceptivo-motrice, au développement des capacités de contrôle du geste.

Pour faire cet apprentissage, il faut dans un premier temps court-circuiter la production de puissance, de vitesse, de force…bref les variables quantitatives de l’entrainement.

C’est la qualité du geste qui prime, sa précision spatiale et sa gestion en fonction du temps