S’entrainer au voisinage des points d’équilibre de l’effort

Le geste est à son point d’équilibre dynamique lorsqu’il nécessite un minimum d’effort pour une charge de travail donnée. Le pratiquant parvient à réaliser l’exercice avec un maximum de rendement et de facilité. Il maîtrise alors parfaitement la technique du geste.

En résumé, plus le geste est acquis techniquement moins il sera possible de s’en servir pour développer des qualités physiques.

Ainsi il est préférable qu’un champion se prépare physiquement autrement qu’au moyen du geste sportif. Son geste est presque parfait, donc beaucoup trop économique.

On peut clarifier la notion d’effort relatif à un point d’équilibre par analogie avec une balance.

L’effort consiste à provoquer un déséquilibre comme si on incline le fléau de la balance de quelques degrés par petites touches de part et d’autre du zéro.

La phase de repos serait le retour libre, après quelques oscillations, de l’aiguille sur le zéro pendant un certain temps. Il ne s’agit pas d’un temps d’inactivité, mais d’un temps d’effort de grande aisance retrouvée après quelques ajustements par le pratiquant.

Une seconde analogie peut-être faite avec l’homéostasie bien connue des physiologistes. C’est la capacité à conserver l’équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures.

Entrainer ses capacités physiques, c’est chercher à rééquilibrer le geste en luttant contre des contraintes apportées artificiellement. Les contraintes ne sont pas forcément des poids. Cela peut être l’élimination des gestes de compensation. Il suffit par exemple de neutraliser les temps de ressort des mouvements.

Un coach formé et expérimenté exploite plusieurs sources de contraintes. Il les utilise pour créer l’exercice. Il en estime les effets sur les constituants anatomiques du mouvement. Cela est indispensable pour assurer un exercice sûr et efficace.

Il part du principe que les muscles, les os, les nerfs, les articulations, les aponévroses se construisent pour et par le mouvement. « L’os a la forme que lui donne le muscle alors que le muscle fait le mouvement donné par la forme de l’os (la coordination motrice – aspect mécanique de l’organisation psychomotrice de l’homme S.Piret M.M Beziers)

Par ailleurs, les mouvements ne se réduisent pas à une animation simple de structures juxtaposées. Si c’était le cas nos gestes seraient saccadés et se déploieraient comme des lignes brisés. Heureusement nous sommes un plus sophistiqués qu’un mètre pliant de menuisier.

Le coach interprète le mouvement dans ses composantes physiologiques complexes et selon les influences du contexte (forme, condition physique et personnalité du pratiquant – technologie et potentiel du matériel…). Il ne se réfère pas à un catalogue d’exercices mais à ses connaissances en biomécanique du mouvement, en méthodologie de l’entrainement etc…

Avec la précision d’un horloger suisse, il règle l’effort pour le rendre productif. La progression du pratiquant dépend de stimulations, selon plusieurs modalités, sans cesse régulées et évolutives.

Le coach va bien plus loin que la formule : Travail d’un muscle = 1 geste + 1 machine +W séries + X répétitions + Y secondes de repos + Z fois par semaine… et on change de machine !

Pour les pratiquants, cela se traduit par des exercices variés et des gains tangibles sur les plans de leur condition physique, de leur bien-être, de leur performance sportive etc…et ceci dans un temps raisonnablement court.

De plus, le degré de connaissance et de conscience du pratiquant s’affine et le sort de ses « scléroses motrices »

A haut niveau les stimulations riches et élaborées permettent de franchir des paliers là où des plans d’entrainement classiques et immuables ont échoué.